Lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur
مساحة حرة JUN 20, 2014

Monsieur,

Cette lettre est celle d’une jeune libanaise qui oublie sa confession, son affiliation politique et ses préférences sportives.

Je ne plonge point ma plume dans de l’encre, mais dans mon propre sang de martyr pour donner, à ma mort certaine, dans ce pays où les parents des victimes demandent la bénédiction de l’assassin, une voix. Un jour ou l’autre, mon corps, défiguré et brulé, sera retrouvé. Je serais finalement tombée victime d’un attentat à la bombe commis par vos collègues au gouvernement. Je serais l’une de ces centaines de victimes innocentes qui tombent rapidement dans l’oubli.

Selon l’un de vos discours, votre nomination ministérielle et votre obtention du portefeuille fortement convoité du ministère de l’intérieur restaurent à Beyrouth son honneur. Juste à supposer que vous puissiez avoir raison, ce n’était point à vous de le dire. En politique très cher, on n’existe que dans le regard d’autrui. La prochaine fois, si prochaine fois il y en a, laissez-nous le plaisir de faire une telle constatation à votre place et, par la même occasion, évitez-nous les railleries de nos ennemis communs. A supposer que nous en ayons toujours.

Les déplacés syriens comptent aujourd’hui le tiers – bon je vous fais plaisir, le quart –de la population du Liban. Quelle est votre position à cet égard ? Pourquoi leur avez-vous délivré des permis de retour au Liban après leur voyage en Syrie pour élire le Boucher de Damas ? Quelle est votre plan pour maitriser cette crise ? Que faites-vous du taux de larcins en forte augmentation ? Quelle approche adopterez-vous pour consolider le droit des libanais sans sombrer dans le racisme et sans paraitre xénophobe ?

Où sont les accusés par le Tribunal International ? Là il s’agit d’informations confidentielles. Je conçois que vous ne puissiez pas répondre, découvrir vos préparation, alors ne poserais-je pas trop de questions. Mais seulement, avez-vous un plan ?

Hachem Salman. Ce nom vous dit-il quelque chose ? Le jeune homme assassiné sauvagement devant l’ambassade iranienne. Où sont ses assassins ? Pourquoi n’ont-ils pas encore été trainés devant la justice ?

Je pourrais encore vous poser une centaine de questions, mais je préfère conclure rapidement.

Ce n’est pas en créant la polémique que vous marquerez l’Histoire de votre empreinte.

Je ne vous retiens plus,

Avec mes sentiments les meilleurs,

Une jeune libanaise qui porte en cœur, en son âme et conscience, le foulard rouge et blanc de la Révolution du Cèdre,

مساحة حرة JUN 20, 2014
إستطلاع
مجلة آفاق الشباب
عدد استثنائي
إقرأ المزيد